De la merde dans un bas de soie.


Nespresso, "bois ton café, ce n'est pas moi qui l'ai fait", vous connaissez la chanson. Inutile de revenir sur le café-tout-fait, uniforme, réglementaire, fabriqué dans ses grosses usines d'aluminium. Nespresso, le souteneur de la nouvelle gastronomie, celle, paresseuse, qui préfère les labos au jardins, le pousse-caddie aux marchés.
Il est tellement divin, ce jus de chaussettes aux accents métalliques qu'il fallait lui trouver un contenant à sa démesure. Pas question de mettre un délice pareil dans de la porcelaine de Limoges qui, vous vous en doutez, ne le mérite pas. Nestlé a donc trouvé un partenaire plus compréhensif, plus malléable, plus à l'écoute de ses fables.


C'est bien ça. Pas de porcelaine, de faïence, ou de grès. C'est dans du verre que les vrais amateurs se délecterons de leur jus industriel. Mais pas dans n'importe quel verre, de l'autrichien. Vous avez compris, j'imagine. Après s'être prostitué avec Caca-Cola*, c'est donc Riedel qui a vendu le reste de son âme à un autre des géants de la malbouffe.
Ayant bâti sa réputation en s'appuyant sur l'artisanat vigneron, Riedel confirme ainsi son amour des produits d'usine. Et après le soda américain, contribuera à encore une fois accroire au gogos** que cette saleté industrielle est, comme les vins qui ont fait Riedel, un grand cru, un trésor, une merveille.
"De la merde dans un bas de soie" avait lancé Napoléon à la face de Talleyrand-Périgord. "De la merde dans un bas de soie", c'est donc la promesse de ce nouveau reniement, de cette nouvelle trahison de Riedel. À moins, qu'à force d'à force, ce ne soit plus que de la merde dans un bas, non, pardon, dans un verre de merde.




* Pour les coucheries de Riedel avec Caca-Cola, lire ici, ici, ici et ici. Pour avoir une idée de l'humanisme de Nestlé, c'est .
** Les autres, évidemment, continueront à aller acheter leur café dans des brûleries, chez des torréfacteurs artisanaux, il y en a partout en France et dans le Monde. Ils régleront leur mouture, choisiront leur installation, connaîtront l'origine de ce qu'ils boivent.



boutique café

usine Nespresso


Commentaires

  1. Ach ! Rien ne vaut le goût du café qui sort de ma cafetière italienne. J'ai fait le test à Chablis il y a vingt ans. Même café, différentes cafetières, autant de goûts. Intéressant.

    Quant à Malkovich illustrant ton titre, voilà pour moi le rappel douloureux de la version américaine des "Liaisons dangereuses". De l'art de massacrer ce qu'une langue peut donner de plus beau. Urgh !

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  2. En fait, les torréfacteurs indépendants sont de moins en moins nombreux à Paris.
    Et c'est pas simple de trouver les bons. :)

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