Le doggy gag ?


2016 a bien commencé. Par un immense éclat de rire. En lisant Le Parisien, quotidien de plus en plus humoristique, qui titrait: "les doggy-bags obligatoires au restaurant depuis le premier janvier". Alors là, j'ai immédiatement pensé à ces assiettes de restaurants foodistes, branchés, ces grandes assiettes vides, artistiques, avec juste une chiure de mouche dans un coin. Oui, le doggy bag s'impose, c'est vrai. Mais pas en repartant, en arrivant! Pour apporter sa nourriture dans ces endroits d'où l'on sort la faim au ventre.


Le fou-rire passé, on s'est rendu compte que, malheureusement, "l'info" était bidon. Le Parisien a survendu. Le journal l'a d'ailleurs reconnu avec un papier qui rectifie le tir et explique qu'en fait, il est seulement "recommandé" aux restaurateurs de fournir un doggy bag à leurs clients. Et encore, comme le précise dans Les Échos un communiqué de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie, cette mesure incitative ne s'adresse qu'aux gros établissements, qui servent plus de cent cinquante à deux cents couverts par jour.


Le Parisien semble d'ailleurs désormais se faire une spécialité du bidonnage à sensation comme on l'a vu avec la récente affaire des vins sans indication géographique. Le quotidien expliquait sans rire que grâce à une nouvelle réglementation, on allait planter en France des vignes sur les terrils du Pas de Calais ou sous les menhirs bretons. Il n'en est rien évidemment, il s'agissait là aussi d'un extrapolation plus fantaisiste que journalistique, par parenthèse largement reprise  ensuite dans la Presse généraliste.


Car on le sait, sous la pression des investisseurs, l'information est devenu une marchandise, soumise qui plus est à des impératifs publicitaires. Je l'avais noté à la rentrée avec la belle glissade pro-pousse-caddie du Monde*, de son côté, le très sérieux El País vient de faire le point de ce qui était le plus lu dans son supplément "art de vivre", El Viajero. Si un inévitable reportage (à l'iconographie choisie) sur les vingt plages nudistes espagnol arrive en deuxième position, le gagnant de l'année est un article qui met en avant "dix bons vins entre trois et cinq euros". Eh oui, c'est la loi du "moins-disant", le bon peuple des lecteurs est davantage intéressé par les vins qu'il peut se payer que par les icônes du luxe. Qui l'eut cru?…




* Le Monde dont la Une en ligne m'a frappé il y a deux jours. Alors que les bourses chinoises venaient de dégringoler, que la pression était à son comble entre l'Arabie Saoudite et l'Iran, il faisait ses choux gras de la désignation du nouvel entraîneur d'un club de foot madrilène.



Commentaires

Articles les plus consultés