Apple ne veut plus qu'on croque la pomme…


Je me suis toujours méfié du "small is beautiful". Il a son charme, certes, mais il a tellement servi d'alibi à ces chanteurs de MJC (il n'exercaient et n'exercent pas tous dans la musique…) sans cesse en train de geindre et se plaindre du public "qui n'a rien compris." N'empêche que cela fait une ou deux fois que je me prends à regretter le temps où Apple n'était pas arrivé au firmament du capitalisme.
Il y a un an déjà, l'affaire du Tio Pepe de la Puerta del Sol m'avait laissé un goût amer; j'y sentais comme l'arrière-goût d'un impérialisme arrogant, digne de cette World Company des amuseurs de Canal+ (qui eux aussi me font de moins en moins rire avec leur morale à sens unique). Je vous avais dit à l'époque à quel point les objets informatiques, principalement des ordinateurs, de la firme de Cuppertino occupaient mon quotidien depuis une bonne vingtaine d'années. Et c'est évidemment sur le clavier de mon MacBook Air™ que j'écris ces quelques mots, après avoir consulté une "notification Push©" sur l'écran Retina® de mon iPhone™.


Là, que m'apprend-on? Selon l'App® du journal espagnol El Periódico de Cataluña, Apple vient de censurer la version espagnole d'un roman Charles Bukowski. Et pour le coup, Buk', ce vieux dégueulasse, n'y est pour rien. Le bouquin, c'est La máquina de follar ("la machine à baiser", en espagnol), une des parties des célèbres Contes de la Folie ordinaire. Editorial Anagrama, la maison barcelonaise qui avait publié l'ouvrage en 1978, le réédite sous forme numérique, comme elle l'a déjà fait pour d'autres titres de l'écrivain américain. Et, pour le vendre, elle doit le présenter à Apple qui le distribuera via eBooks, l'iTunes des bouquins. Et Apple a fait savoir à l'éditeur que La máquina de follar était interdite de diffusion. Le motif: sa couverture (ci-dessus), celle de la version espagnole des années soixante-dix dessinée par Julio Vivas, était trop explicite! "Il faut la changer" exigent les Américains. L'éditeur espagnol, dont nous ne pouvons qu'applaudir la décision, a fait savoir qu'il n'en ferait rien. C'est vrai qu'après avoir connu Franco (Anagrama a été fondée en 1969) et ses cortèges de gratte-Jésus (dont la plupart sont encore aux manettes), le puritanisme des croqueurs de pomme…

Alors, je ne sais pas vous, mais, moi, ce soir, mon clavier de Mac me semble moins sympathique, j'y devine des paires de ciseaux aiguisées tenus par des hommes en noir. Je ne vous dis pas que je vais me convertir au PC, je ne suis pas fada à ce point, et j'ai besoin d'un ordinateur pour travailler. Mais je vais m'intéresser de près aux systèmes informatiques alternatifs. Parce que la Censure, ça pue!



Commentaires

  1. Je vais la jouer vieux papy (arf), ou mieux : vétéran du Mac. Il y a quelques années, à la fin des années 1980, nous savions tous pourquoi nous dépensions, ou faisions dépenser, des sommes parfois exorbitantes pour nous équiper en ordinateurs de la marque à la pomme croquée. C’était flagrant et pire, ça ne pouvait être autrement : le matériel était quasi indestructible. Ils étaient bien fabriqués avec des composants de grande qualité dont la plupart tournent encore… Donc oui, le prix, comparé à un PC, était multiplié par trois. La qualité avait un prix et Apple prenait soin de ses utilisateurs et surtout de sa chaine de fabrication.

    Aujourd’hui le pommier à révisé sa copie et en plus d’être entré de plain-pied dans l’obsolescence programmée, il maltraite sa chaine de fabrication. Seul le contenant extérieur des machines reste irréprochable. Devinez qui vient de pondre le design graphique des prochaines iOs pour les iPhone et iPad : le service marketing d’Apple, le résultat est logique : une catastrophe esthétique et surtout graphique, c’est dommage.

    Pour revenir au cœur de ton article, je ne partage pas tout à fait ton avis sur l’uniformisation que tu imputes à Apple. Je pense que Google fait mieux en la matière. En revanche il est inadmissible, bien sûr, qu’Apple censure, surtout Bukowski. Pour mémo, Apple a été créé par deux gars qui gobaient du LSD dans les années 1970, mais paradoxalement, l’entreprise a toujours été à la pointe en matière de puritanisme dès lors qu’ils se sont ouverts au grand public. Je crois en effet me souvenir qu’ils y avaient eu des soucis du même ordre avec des groupes de musique au début de la constitution du catalogue iTunes store (à vérifier).

    Quoi qu’il en soit je viens de passer de l’iPhone à un Sony et j’en suis très content, car il est largement supérieur et surtout il est ouvert. Mon prochain Mac, moi qui suis utilisateur de la pomme depuis 1988, sera un PC. Adieu la Pomme, mais essayez de m’expliquer pourquoi mon SSD Apple a explosé en vol en moins de deux ans… Expliquez-moi pourquoi je dois changer le chargeur de mon MacBook Pro 17 alors qu’il a moins de deux ans. Expliquez-moi pourquoi ma carte graphique fait des siennes et rend instable ce même MBP. Des exemples comme ça j’en ai à la tonne… Mais le pire est la fin des MacBook Pro au format 17“… Le 15 Rétina, je m’en tamponne le coquillard… je dois avoir un 17“ pour bosser correctement… Donc, oui mon prochain Mac sera un PC !

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  2. Je ne saurais entrer dans la polémique Mac ou PC puisque j'ai déjà choisi l'efficacité et l'esthétique. Deux valeurs qui pourraient bien changer de main. Tu as raison Vincent de dénoncer ces actes de censure ordinaire qui renforcent la pudibonderie galopante. Il faut du propre, de la sécurité, de la transparence, si possible certifié. Pour reprendre un exemple qui t'es cher, le vin est plein d'alcool! entre 12 et 15%, c'est inconvenant et certains cherchent déjà à le censurer.

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  3. Mais on va pas pleurer sur apple.
    Et c'est tout sauf surprenant,
    c'est une des plus grandes compagnies américaines, et à l'heure de l'hyper-surveillance (prism), ce ne sont pas les derniers à travailler avec le gouvernement us...
    Ils ont une image cool et soignent leur design (mais quelle substance-ajoutée apportent ils aujourd'hui ?). Quand on parle d'apple on ne parle plus que d'image. Mais la réalité c'est qu'apple c'est une obsession de contrôle et de verrouillage des produits et des clients en basant sa stratégie sur le monopole forcé, l'imposition de (mauvais) produits (ITunes par ex) et la création de nouveaux besoins complètement superflus (3 IPhone par an ? l'IPad je comprends pas etc).

    Une entreprise aussi obsédée par le contrôle, la domination avec une déviance pervers-narcissique (mais qui trouve écho chez les adeptes de la secte) et mégalomane (mais au fond vendant du superficiel) c'est -désolé - la quintessence de tout ce qui est à fuir dans notre époque.

    Parce qu'au-delà de leur collaboration avec le flicage institutionnel et leur participation zélée mais peu surprenante à la censure (facebook est pire) néo-puritaniste américaine (mais apple y adhère à 100% je pense), on ne va pas oublier leurs usines néo-esclavagistes (non il n'y a pas d'exagération) et leur imposition ridicule (0.5% / ils ont quand même 100 milliards$ de K financier)... tout ça pour dresser le portrait de l'archétype de la superficialité et de l'absurdité du monde actuel.
    Parce qu'au fond ce n'est qu'une multinationale comme une autre (Nestlé ou Starbucks par exemple), sûrement très habile mais sa vénération m'a toujours semblé pathétique.

    Tom B. (pas énervé mais soulagé :-)

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    1. Il ne faut pas exagérer non plus… Comme tu le dis, Apple est une multinationale et comme toutes les multinationales elles se plient à certaines exigences. Non que je les approuve, loin de là, mais force est de reconnaitre qu’IBM, Microsoft, Elf, etc., participent à cette collusion d’enjeux politiques et financiers.

      Il ne faut pas non plus déshabiller Jules pour habiller Antoine… Apple, depuis de longues années à travailler à la recherche de l’utilitarisme dans ces innovations. À écouter Bill Gates nous n’aurions pas d’interface graphique, pas de souris et toujours ce DOS merdique. Ce que pointe Nadine (ci-dessus) est très pertinent et bien observé. Ce n’est que ce que je cherche à dire dans mon post précédent (celui avant Nadine). Quand le pommier redeviendra une entreprise axée sur la qualité de sa fabrication, Apple retrouvera un usager, car je me considère comme tel. Sans la pomme mon métier serait encore là où il en était il y a 30 ans. J’aimais bien travailler "à l’ancienne" mais j’aime travailler avec ces outils.

      Apple à toujours soigné sont design et son image. Mieux ils ont appliqué une philosophie dans le développement des applications et des systèmes d’exploitation à trois couches : débutant ; confirmé ; expert. Apple à toujours eu un système fermé c’est la caractéristique majeure de la marque (un matériel = un système d’exploitation). Microsoft a toujours été à la traine de presque 10 ans par rapport à Apple sur ce plan. Pire, Microsoft au lieu de chercher ses solutions et d’inventer a toujours préféré rester dans le sillage d’Apple bien que sa position soit largement dominante en terme d’utilisateurs. C’est simplement incompréhensible. L’imagination au pouvoir est une phrase inconnue chez Microsoft.

      Quand tu pointes du doigt Apple de cette façon tu oublies simplement que ce que tu dis est aussi applicable à Microsoft et consort. Seuls les logiciels libres échappent à ce narcissisme égocentrique et personnellement j’espère qu’ils auront un avenir radieux…

      En résumé et pour conclure, OUI il faut reprocher à Apple ses dérives, mais il faut aussi être lucide et juste. Il n’y a que trois solutions pour les ordis : Microsoft, Apple et Linux (que devient ce dernier ?). Mis à part peut-être le dernier, aucun d’eux n’est parfait et donc nous nous devons de garder tête froide et observer avec vigilance leurs évolutions respectives.

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