Quand un élu RN se fait pigeonner par un canard allemand…

 


La baisse de niveau, détrompez-vous, ça ne concerne pas que les maths, la lecture, l'écriture… l'alimentation se la prend de plein fouet, et depuis au moins autant de temps. Je n'irais pas jusqu'à dire que j'y entrevois une corrélation, mais ça me brûle les lèvres.

Il est donc de nouveau question de foie gras, une des obsessions des néo-moralistes et autres redresseurs de torts gastronomiques, généralement recrutés à gauche et à l'extrême-gauche, pastèques comprises. C'est à Fréjus que ça se passe, mairie détenue depuis 2014 par un apparatchik du Rassemblement National, David Rachline. Emboîtant le pas des dégénérés sus-cités, il a les honneurs de la gazette, car n'écoutant que son courage il vient d'interdire le foie gras au prochain “marché de Noël” de la cité varoise. C'est une trajectoire d'ailleurs, car l'élu frontiste a récemment annoncé que les réceptions de la ville serait désormais végétariennes et qu'il interdisait la chasse dans sa commune.

Plus de foie gras, donc, au “marché de Noël” de Fréjus. Bon, en même temps, un “marché de Noël” à Fréjus, tradition germanique avec ses chalets tyroliens, ses cochons en pain d'épices et ses tours saxonnes, je ne vais même pas vous dire ce que j'en pense. Pas plus à Fréjus que dans n'importe quelle ville du sud ou de l'ouest d'ailleurs; en France, le marché de Noël, c'est à Strasbourg (une des capitales du foie gras, photo ci-dessous), à Colmar, à Kaysersberg… sur la Côte d'Azur, ça me fait penser à une fondue savoyarde à Bali, ou une case sénégalaise à Stockholm.

Bref, Monsieur le Maire à tranché, ce trésor gastronomique national, un des emblèmes de la gastronomie française, fierté tricolore, doit être ‘déconstruit’. Et en élu responsable, il a trouvé une solution de remplacement, un produit magique, écologique, éthique qui va faire du “marché de Noël” fréjussien un parangon de vertu animaliste. Mais, c'est ballot, comme sur les contrats d'assurance, David Rachline n'a pas lu la contre-étiquette, les caractères écrits en petit…

La solution proposée, donc, une marque allemande, Happy Foie®. L'invention d'un cuistot, musicien, chansonnier de Basse-Saxe, Tobias Sudhoff, installé dans la banlieue de Hanovre, reconverti dans l'agro-industrie et chantre de l'écologie sociale. Démarrée sur un Thermomix, son idée consiste à fabriquer du faux foie gras à partir de foies maigres et d'une longue liste d'adjuvants destinés à camoufler la supercherie, un truc moléenculaire, quoi… Tenez, la liste, écrite en petits caractères, la voici

foie de canard 42%, beurre 31%, œuf, lait en poudre, graisse de noix de coco désodorisée 5%, sauternes vin doux, cognac, sucre de canne, sel, graisse de canard, bouillon de poulet; épaississant: agar-agar; épices; conservateurs: nitrite de sodium, acide ascorbique. 

Bref, dopée par la physique et la chimie des industriels de la malbouffe, on est assez proche des tromperies pour lesquels des malfaisants ont jadis été condamnés alors qu'ils couillonnaient des naïfs en leur fourguant de méchants blocs de foie gras… Regardez d'ailleurs ci-dessous la gueule du truc, entre Pedigree Pal et Friskas. Au passage, je suis très dubitatif sur la graisse de canard ajoutée, provient-elle vraiment de canards maigres, non gavés?


Comme toujours dans la junk food, l'origine de la matière première est assez floue, avec ce qu'ils faut d'intermédiaires: les canards sortent de l'usine d'un grossiste de Haute-Autriche, Eiermacher, “le fabriquant d'œufs” en français. Forcément on est assez loin du terroir gascon, landais ou des fermes tarnaises qui nous régalent l'hiver venu de leurs délicieux palmipèdes élevés dans la Nature…

Pour le prix aussi on est assez loin des tarifs des mamies et des papys de chez nous: histoire de faire bonne mesure, et de prouver qu'il s'agit d'un produit (g)astronomique, le machin teuton est vendu entre 150 et 230€ le kilo, espérons que sa graisse maigre adoucira l'intromission…

Au-delà de cette nouvelle soumission à l'empire de la malbouffe, devant cette stratosphérique incitation à couillonner le consommateur, comment ne pas s'interroger sur le côté hors-sol, gavé à l'air du temps médiatico-bienveillant, de bon nombre des politiciens qu'on aimerait davantage enclins à protéger la France, sa culture et ses paysans? J'ai honte pour eux.




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